Méthode · Version – · Publication –
Comment cette base est constituée, et ce qu'elle ne dit pas
Cette page décrit la manière dont les fiches sont collectées, vérifiées, harmonisées et contrôlées, les limites de l'exercice, les règles de réutilisation des données et la façon de citer la base. Elle est rédigée pour être lue en entier ou consultée section par section.
La base compte aujourd'hui – fiches et – victimes, pour des événements survenus du – au –. Tous les chiffres de cette page sont calculés à partir de la version publiée.
01Pourquoi ce répertoire
« Lorsque des femmes ou des enfants sont tués (féminicides & infanticides) au Cameroun, l'évènement fait la une des réseaux sociaux ou des journaux et des émissions de débats radio/télévisions durant quelques jours, ou une semaine dans quelques rares cas, puis disparaît dans l'oubli. Il n'existe pas à notre connaissance un répertoire accessible par des chercheurs, des autorités, des responsables d'administrations, d'organisations de la société civile, des médias qui permettrait de suivre ce phénomène, de l'analyser pour mieux le comprendre et fournir aux autorités de la matière (data) dans le souci de les aider à prendre des mesures plus appropriées afin de le réduire ou de l'arrêter. »
Justification du projet, Deuxmo
Pourquoi une telle base
Ce répertoire vise à soutenir les efforts des organisations de défense des droits humains en leur donnant accès à des données structurées et aisément exploitables, continuellement mises à jour, capables d'alimenter les réflexions et les analyses autour de ce phénomène.
Principalement alimenté par l'équipe de Deuxmo, il bénéficiera aussi des contributions d'organisations du domaine des droits humains, de la société civile et d'institutions. Il est ouvert, libre d'accès et téléchargeable dans différents formats (géospatial, tables). Il est mis à jour mensuellement et publié à la fin de chaque mois.
02À qui s'adresse la base
La base est conçue pour être utilisée sans compétence technique particulière, depuis un téléphone comme depuis un poste de travail, par :
- les chercheuses et chercheurs (sciences sociales, droit, santé publique, géographie) qui ont besoin d'un corpus daté, localisé et sourcé ;
- les organisations de défense des droits humains et les organisations de la société civile - OSC -, pour documenter, alerter et plaider ;
- les organisations humanitaires, pour éclairer leurs analyses de protection ;
- la presse, pour replacer un fait divers dans une série et retrouver les cas antérieurs ;
- le public, pour que ces morts ne disparaissent pas de la mémoire collective et pour signaler un cas manquant.
Les autorités et les administrations y trouveront une matière brute, à confronter à leurs propres sources : la base ne se substitue à aucune statistique officielle (voir la section Limites).
03Ce que recense la base
La base recense des événements rapportés publiquement au Cameroun, au cours desquels une femme, une fille ou un enfant a trouvé la mort de façon violente. Les définitions ci-dessous sont des définitions de travail : elles servent à décider ce qui entre dans la base, pas à qualifier juridiquement les faits.
Ce que la base ne recense pas. Les décès non rapportés publiquement, les cas rapportés sans qu'aucune source consultable n'ait pu être retrouvée, et les violences n'ayant pas entraîné la mort. Une fiche est retirée si elle s'avère être un doublon ou si les sources se rétractent ; son identifiant n'est alors pas réattribué (voir Mise à jour mensuelle).
04Les champs d'une fiche
Chaque fiche est une ligne de la table publiée. Le tableau ci-dessous est généré à partir du dictionnaire de données de la version courante ; il est identique à celui de la page Données et à la feuille « Lisez-moi » des fichiers téléchargeables.
| Champ | Libellé | Description |
|---|
La règle des deux sources
Chaque fiche doit citer deux sources distinctes (deux liens différents, vers deux publications différentes). Une fiche qui n'en cite qu'une reste publiée, mais reçoit une alerte et passe au niveau de qualité B ; une fiche sans aucune source passe au niveau C. Les identifiants sont de la forme CMIFINF suivi d'un numéro, attribué une seule fois.
05Collecte et sources
Les cas sont repérés dans la presse en ligne camerounaise et internationale et sur les réseaux sociaux (Facebook, YouTube, pages d'associations, chaînes d'information). Pour chaque cas, l'équipe relève la date, le lieu, le ou les noms, le nombre de victimes, les âges lorsqu'ils sont cités, et conserve au moins deux liens vers les publications consultées.
Les fiches saisies par l'équipe portent l'origine « Deuxmo ». Les contributions externes, qu'elles viennent d'une organisation partenaire ou d'un signalement individuel reçu par le formulaire, sont vérifiées par l'équipe (existence des sources, absence de doublon, cohérence du lieu et de la date) avant d'être intégrées, avec leur origine mentionnée si le contributeur le souhaite.
La collecte est continue ; elle est consolidée une fois par mois dans un classeur Excel qui sert de source unique à la publication (voir Mise à jour mensuelle). Le classeur source de la version courante est –.
06Vérification des sources
Après la saisie, une relecture consiste à ouvrir les liens cités et à confronter leur contenu à la fiche (date, lieu, nom, nombre de victimes, circonstances). Chaque fiche reçoit alors un statut de vérification et, s'il y a lieu, une date de relecture et un détail des écarts constatés. Les cinq statuts issus de la relecture, et le statut par défaut, sont les suivants :
| Statut | Signification | Fiches |
|---|
Les liens de réseaux sociaux ne sont souvent pas consultables automatiquement (publication supprimée, page privée, contenu accessible uniquement après connexion). Ils sont alors ouverts manuellement lorsque c'est possible ; à défaut, la fiche reçoit le statut « Non vérifiable en ligne » et conserve les informations de la saisie initiale.
Le statut de vérification ne juge pas la véracité des faits : il indique seulement si les sources citées ont pu être consultées et si elles concordent avec la fiche. Une fiche « Confirmée par les deux sources » reste le récit de deux publications, pas une décision de justice.
07Harmonisation
Les valeurs saisies sont conservées telles quelles (colonnes « saisie ») et une version harmonisée est produite automatiquement à chaque publication, selon des règles fixes :
08Contrôles automatiques et niveaux de qualité
À chaque publication, un programme relit l'ensemble du classeur et attache à chaque fiche des alertes (points d'attention) et des notes (explications non bloquantes). Les alertes sont visibles sur la fiche, dans la table et dans les fichiers téléchargés. Les contrôles effectués sont les suivants :
- Identifiant : absent, ou en doublon dans le classeur. grave
- Date : absente ou illisible grave ; postérieure à la date du jour. à vérifier
- Type : autre chose que « Féminicide » ou « Infanticide ». grave
- Coordonnées : absentes ou illisibles à vérifier ; situées hors du Cameroun grave ; situées hors du département ou de la région déclarés à vérifier ; situées dans un arrondissement voisin de celui déclaré note ; identiques à celles d'autres fiches situées dans d'autres localités (position générique, par exemple le centre-ville). à vérifier
- Nombre de victimes : absent ou illisible grave ; différent du nombre d'âges cités. à vérifier
- Sources : aucune source grave ; une seule source distincte (liens identiques ou l'un vide), lien vers une page de résultats Google plutôt qu'un article, lien mal formé à vérifier ; lien indirect dont la page finale n'est pas identifiable, source également citée par une autre fiche. note
- Description : absente. à vérifier
- Doublons probables : deux fiches décrivant vraisemblablement le même fait (même date, même lieu, mêmes noms), repérées en relecture et annotées. grave
- Notes de relecture : date, qualification, nombre de victimes ou source à confirmer, ajoutées à la main après lecture des sources. à vérifier
- Événements liés : les fiches de même date et de même département, situées au même point ou dans la même localité, sont reliées par un identifiant d'événement. note
La règle A / B / C
Aucune alerte. La mention « sources consultées » est ajoutée lorsque la relecture a confirmé la fiche.
Au moins une alerte à vérifier, aucune alerte grave. La fiche est publiée et comptée, avec ses alertes.
Au moins une alerte grave : doublon probable, coordonnées hors du Cameroun, aucune source, identifiant absent ou en doublon, type non reconnu, date ou nombre illisible.
Les fiches de niveau C restent visibles afin que le lecteur puisse juger ; elles peuvent être écartées d'un simple filtre sur la page Données ou sur la carte.
Position approximative
La carte affiche une position pour chaque fiche. Lorsque la coordonnée saisie est absente, illisible ou incohérente avec le lieu déclaré (hors du Cameroun, hors du département ou de la région), elle est remplacée par un point approximatif placé à l'intérieur de l'arrondissement déclaré (à défaut du département, ou de la région), éparpillé autour de son centre pour que plusieurs fiches d'un même territoire ne se superposent pas. Cette substitution est toujours signalée sur la fiche (« position approximative ») et dans la colonne « Origine de la position » des exports ; la coordonnée saisie est conservée à part. Une coordonnée située dans un arrondissement voisin de celui déclaré est conservée telle quelle, avec une note.
Alertes présentes dans la version courante
| Alerte | Fiches |
|---|
09Limites
Cette base n'est pas exhaustive et ne constitue pas une statistique officielle. Elle compte ce qui a été rapporté publiquement et retrouvé par l'équipe. Toute comparaison entre périodes ou entre territoires doit tenir compte des points ci-dessous.
- Dépendance à la couverture médiatique. Un cas n'entre dans la base que s'il a été publié. Les médias et les réseaux sociaux couvrent davantage Yaoundé et Douala que les zones rurales ou les régions en crise ; les départements les plus représentés reflètent aussi cette concentration. Dans la version courante, –.
- Collecte plus complète pour la période récente. La collecte a commencé récemment et remonte le temps au fil des recherches : les années anciennes sont moins bien couvertes. Une hausse du nombre de fiches peut traduire une meilleure collecte ou une meilleure couverture médiatique, et pas seulement une hausse des faits.
- Sous-déclaration structurelle. Les morts violentes non médiatisées, les décès maquillés en accidents ou en maladies, et les infanticides de nouveau-nés rarement rapportés échappent à la base.
- Qualification selon les sources. Le contexte, le lien avec l'auteur présumé, l'arme ou la suite judiciaire sont ceux que rapportent les sources au moment de la relecture ; ils peuvent être démentis ensuite. Les fiches concernées sont repérables par leurs alertes et leur statut de vérification.
- Précision géographique variable. Une partie des positions est approximative (centroïde) et certaines coordonnées saisies désignent un centre-ville plutôt que le lieu exact. La carte doit se lire à l'échelle de l'arrondissement ou du département, pas du quartier.
- Comparer des périodes avec prudence. Les effectifs mensuels sont faibles ; une variation de quelques fiches d'un mois à l'autre n'est pas une tendance. Préférer les cumuls annuels et rappeler la version utilisée.
10Mise à jour mensuelle
La base est publiée à la fin de chaque mois. Chaque publication porte un numéro de version de la forme « vMois.AA » (par exemple –) qui figure dans les fichiers téléchargés, sur chaque fiche et dans la citation. Le circuit est le suivant :
- Collecte Veille continue de la presse et des réseaux sociaux, réception des signalements.
- Classeur Excel Saisie des fiches dans le classeur source, une ligne par fiche.
- Vérification Relecture des sources, notes, contrôles automatiques, correction du classeur.
- Publication Génération des données, des exports et des pages le dernier jour du mois.
- Version Numérotation « vMois.AA », archivage de la version précédente.
Pour être informé de chaque publication, vous pouvez laisser une adresse.
11Données personnelles et éthique
La base contient des noms de personnes décédées, tels qu'ils ont été publiés par les sources citées. Leur publication répond à un objectif de mémoire et d'intérêt public : rendre visible un phénomène que l'actualité efface en quelques jours et permettre son analyse. Les noms des auteurs présumés ne figurent pas dans les champs structurés ; ils peuvent apparaître dans les descriptions lorsque les sources les citent.
- Droit de correction ou de retrait. Toute personne concernée (proches, ayants droit) ou toute organisation peut demander la correction d'une fiche ou le retrait d'un nom en utilisant le formulaire de correction ou en écrivant à l'adresse indiquée dans la section Contact. Les demandes sont traitées avant la publication suivante.
- Contributeurs. Les coordonnées des personnes qui signalent un cas ou demandent une correction (nom, adresse électronique, téléphone) ne sont jamais publiées ni transmises à des tiers ; elles servent uniquement à recontacter la personne si elle l'a accepté.
- Sobriété. Les fiches se limitent aux faits rapportés ; aucune image de victime n'est publiée, et les descriptions évitent le détail gratuit.
Réutilisation responsable
Les personnes qui réutilisent ces données sont invitées à citer la version utilisée, à conserver les alertes et statuts de vérification lorsqu'elles republient des fiches, à ne pas présenter les comptages comme des statistiques officielles, à ne pas isoler un nom hors de son contexte et à ne pas croiser ces données avec d'autres fichiers pour identifier des personnes vivantes.
12Licence et citation
Les données sont publiées sous licence –. Vous pouvez les copier, les redistribuer, les transformer et les intégrer à vos travaux, y compris à des fins commerciales, à condition d'indiquer la source (Deuxmo), la version et, si vous les avez modifiées, de le signaler.
Citation recommandée :
–
Les fichiers téléchargeables (CSV, Excel, GeoJSON, GeoPackage) contiennent une feuille ou un fichier « Lisez-moi » reprenant la licence, la version et cette citation.
13Évolutions possibles
Le cahier des charges du projet prévoit, selon les moyens et l'intérêt manifesté par les organisations partenaires :
- un tableau de bord interactif plus complet, avec des indicateurs suivis dans le temps ;
- l'ouverture à d'autres actes (assassinats, crimes rituels), en fonction de l'intérêt des organisations ;
- des cartes mensuelles thématiques ou par niveau administratif (région, département, arrondissement), prêtes à imprimer ;
- une application de signalement anonyme, permettant de transmettre un cas sans laisser de coordonnées.
Les organisations qui souhaitent contribuer à l'une de ces évolutions peuvent se manifester par la page Participer.
14Crédits techniques
15Contact
Pour une question sur la méthode, une demande de correction, une proposition de contribution ou de partenariat :